Comment protéger sa trésorerie en temps de crise ?

Plus de la moitié des entrepreneurs craignent la faillite suite à la crise du Covid-19 Pour s'en sortir, il y a les aides de l'état, avec le PGE notamment, qui ne reste qu'un prêt qu'il faudra tôt ou tard rembourser, mais aussi et surtout, des réflexes à acquérir pour les dirigeants afin de soulager leur trésorerie et optimiser leur rentabilité. La pérennité des entreprises passe par une bonne gestion et tout le monde n'est pas forcément un gestionnaire né.

La trésorerie : Le carburant du business


Nous avons eu la chance de recevoir lors de nos talks BeeMyDesk Jean-François Fontana, business coach, qui aide les indépendants et les entrepreneurs à optimiser la rentabilité de leur business, en adéquation avec leur vie personnelle.

Après 3 créations d’entreprises et plus de 20 ans d’expériences, il évoque dans cet article comment protéger sa trésorerie et particulièrement en temps de crise. Cet article est basé sur son talk du lundi 30 mars, quelques jours après le confinement lié au COVID-19.

Les bons réflexes : Restreindre immédiatement  tous les flux sortants

Lorsque vous faites face à une crise, vous ne savez jamais quelle forme elle va prendre mais ça n'empêche pas de réagir. La première des choses à faire c'est de restreindre dans l'immédiat les flux sortants.

On ne peut, bien évidemment, pas tout arrêter d'un coup, il y a des impératifs à respecter :

1 - Un des premiers impératif est que vous continuez à être redevable de la TVA bien évidemment et des salaires pour ceux qui ont des salariés, même si vous avez décidé, et vous avez bien fait de le faire dans ces circonstances, de les mettre en chômage partiel.

Dans ce cas là, vous êtes redevable à hauteur de 70 % du salaire brut ou 84 % du net auprès de vos salariés. La TVA est, quant à elle, totalement applicable c'est à dire que vous devez la payer aux échéances que vous avez choisies, à savoir mensuellement ou trimestriellement. L'Etat considère, en effet, que vous avez déjà reçu cette TVA puisque vos clients vous ont réglé, vous l'avez déjà donc collectée et vous devez maintenant la retourner.

2 - Ensuite, on a un deuxième flux important qui est la rémunération du dirigeant.

En fonction du statut du dirigeant il y a deux possibilités :

  • Soit vous êtes en EURL, travailleur non salarié (TNS) et gérant majoritaire. Ce statut a pour avantage de pouvoir piloter sa rémunération comme bon vous semble. Pour ceux qui peuvent le faire à titre personnel, il est préférable de diminuer immédiatement votre rémunération en tant que dirigeant. Si vous avez une trésorerie, à titre personnel, qui vous permet de tenir un mois ou deux, il est intéressant de réduire très fortement votre rémunération, ce qui aura pour conséquence de réduire vos appels de cotisations sociales. Donc en tant que tns c'est la même chose
  • Soit vous êtes un PDG de SAS ou SASU et dans ce cas là vous avez le statut de salarié. Vous pouvez, là aussi, moduler votre rémunération à la baisse et en tant que salarié, les charges sociales sont bien plus importante (plus de 70%). Dans ce cas là, vous allez économiser énormément de charges sociales.

Si vous diminuez votre rémunération, pensez à éventuellement venir compenser cette baisse par un remboursement du compte courant d’associé ou de frais qui n’avaient pas été récupérés. Par exemple, vous vous versiez une rémunération de 3000 euros par mois et vous l’avez diminuée à 1000 euros. Vous pouvez récupérer ces 2000 euros en allant les chercher sur votre compte courant associé, s’il est positif et sur des remboursements de frais. C’est préférable, car ces flux financiers ne supporte pas de charges sociales.

3 - Une autre possibilité  est aussi de réduire les dépenses marketing qui ne sont pas des dépenses immédiates sauf si votre business en dépend totalement.

Bénéficier de toutes les aides que l'état met en place

Ne pensez surtout pas que vous n’en avez pas besoin ou bien que cela va être trop compliqué.  En temps de crise, il est impératif de vous pencher sur ce que peut vous offrir le gouvernement. Faites vous épauler par votre expert comptable, mais prenez le temps d’étudier la question, restez à l'affût des mesures.

C'est vraiment le rôle du dirigeant d'entreprise et de votre responsabilité de devoir profiter de ce qui peut jouer en votre faveur. Vous allez pouvoir demander des délais ou des reports de paiement de vos charges sociales, fiscales, vous allez pouvoir suspendre certaines charges d'exploitation, comme les loyers, l'eau, l'électricité mais ça n'est en aucun cas une ardoise qu'on efface.

Vous pouvez retrouver toutes les mesures auxquelles vous avez droit en fonction de votre statut, votre taille d’entreprise, votre chiffre d’affaires sur ce site :

https://www.economie.gouv.fr/covid19-soutien-entreprises

Rapprochez-vous de votre expert-comptable qui est aussi là pour vous aider à remplir tous ses documents.

Le prêt garantie par l’état (PGE) est un prêt de trésorerie proposé à un taux extrêmement favorable qui vous permettra d'avoir une avance qui peut être salvatrice mais peut être aussi intéressant pour protéger votre trésorerie si elle est excédentaire.

  • Ce prêt est accordé à quasiment toutes les entreprises sans frais de dossier.
  • Il a un taux fixe de 0% et le coût de la garantie de l'état ne représente que 0 25% sur la première année.
  • Le prêt accordé est un montant de 3 mois du chiffre d'affaires (hors taxes) de 2019 et l'état garantit à hauteur de 90%.
  • Vous pouvez avoir un différé d'amortissement total de 12 mois (capital et intérêts), qui pourra être suivi d’une période d’amortissement allant de 1 à 5 ans.

A ce niveau là c'est vraiment de l'argent “gratuit”, qu'il faudra bien évidemment rembourser, mais ça peut nous aider à continuer à investir dans le développement de l'entreprise, pour faire face à des échéances immédiates, etc…

On fait rentrer son cash

Le premier réflexe est de d’abord regarder les délais de paiement de ses clients en cours.

Il y a des entreprises qui ont de la trésorerie et qui respectent leurs délais de paiement, et puis il y en a d'autres qui se font beaucoup plus discrètes, voire qui ont tendance à disparaître. Elles vont sans doute vouloir freiner aussi, de leur côté, la sortie du cash de leur entreprise.

Il va donc falloir, dans ce cas là, surveiller ses délais, ne pas les lâcher et surtout ne pas hésiter à relancer. Vous pouvez pratiquer des relances classiques par mails, des appels téléphoniques puis, dans un second temps, si ces premières relances n’ont pas abouti, vous pouvez procéder à des mails beaucoup plus standardisés, cadrés, qui commencent à prévenir que vous allez devoir entrer dans des procédures. N’hésitez pas aussi à saisir le médiateur, faire appel à la médiation peut vraiment vous aider dans ces circonstances. Pour résumer, il ne faut surtout pas laisser votre argent dehors dans ces périodes de crise.

Il y a également un autre paramètre que l’on peut actionner, dans certains cas, pour faire rentrer du cash, c’est de demander le remboursement de son crédit de TVA, si vous en avez un. Même si vous êtes au trimestre, vous avez la possibilité de demander son remboursement immédiatement grâce aux mesures mises en place par l’état.

Enfin faites attention à tous les nouveaux projets que vous allez étudier et sélectionnez ceux qui ont la marge la plus forte et qui vont vous demander le moins d’achats extérieurs possibles. Cela vous évitera ainsi de sortir du cash dans une période qui n’est pas propice à cela.

Une période de crise est aussi un excellent moment, par la force des choses, pour faire un focus sur votre chiffre d'affaires et savoir quelle partie est beaucoup plus rentable que d'autres. Soyez vigilant là dessus.

On prépare la sortie de crise

Oui, même quand on est en train d'écoper l'eau de sa barque, parce qu'en ce moment on a des trous dans la dans la coque, il est important de regarder aussi à l'horizon et de se dire tiens il y a la terre ferme plus loin et je vais devoir y aller pour pouvoir effectivement aller mieux.

Commencez donc à vous remettre du choc qui a été violent, ça ne sert à rien de se cacher, c'est un vrai choc. On commence par prendre ça de plein fouet, ensuite on rentre dans ce qu'on appelle la prise de conscience; généralement ça peut mettre certaines personnes par terre mais il faut savoir se relever, c'est le propre de l'entrepreneur.

Il faut ensuite passer à l'action et enfin commencer à se relancer en se disant que, comme toutes les crises, cette crise n'est que temporaire c'est à dire qu'elle ne va pas durer. Alors évidemment , économiquement parlant, elle va avoir des répercussions qui peuvent être longues. Mais contrairement à ce qu'on peut entendre dans les médias, tout ne va pas s’arrêter du jour au lendemain, il y aura toujours une activité qui continuera.

Il est donc, aussi, important de mettre en place un prévisionnel de trésorerie.  Vous pouvez le faire très simplement sur un fichier Excel en indiquant l'ensemble de vos dépenses, vous regardez tout ce dont vous avez besoin et vous reportez cela mois par mois afin d’obtenir de la visibilité de trésorerie et une capacité d’anticipation. On retrouve beaucoup d’entreprises en grande difficulté qui n’ont pas fait cet exercice.

Établissez également un plan de reprise de contact avec vos clients et prospects. N'hésitez pas à remettre la machine en route si votre activité le permet, faites le dès que possible car vos clients peuvent avoir besoin de vous, même en cette période de crise et de ralentissement économique.

Aussi, dès que vous le pouvez, constituez vous de nouveau un matelas de trésorerie équivalent à 3 à 6 mois de charges. Faites le petit à petit, mais ce doit être un réflexe du moment où votre situation le permet, où vos marges sont suffisantes, afin de pouvoir ré-affronter une nouvelle crise ou un client important qui ne vous règle pas.

Pour conclure, il est important de garder un mindset positif, c’est la quintessence de tout entrepreneur. L’optimisme fait forcément partie de notre ADN d’entrepreneur. Quand tout va bien on est dans un état de second mais malheureusement on est plus souvent amené à résoudre toutes sortes de problèmes.

Pour aller plus loin

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