Quelles attitudes adopter pour prévenir les risques psychosociaux ?

Savez-vous que le stress est une forme de risques psychosociaux ? On a en effet tendance à les banaliser, alors qu’ils deviennent de plus en plus courants. Pourtant, des attitudes simples permettraient de les prévenir. Après avoir évolué pendant 27 ans dans les domaines de la santé au travail, Isabelle Zelmat a ensuite créé son entreprise et organisme de formation “AvecSens”. Elle accompagne et forme l'ensemble des acteurs de l'entreprise à développer une posture managériale efficiente vis à vis des défis sociétaux. Découvrez ses astuces pour « transformer les obstacles en opportunité ».

Lors de périodes intenses, on a souvent tendance à banaliser le stress au travail. Or c’est une forme de « risques psychosociaux ». De quoi parle-t-on exactement ? Quel constat faites-vous ?

Que signifie l’acronyme RPS ?

Ce sont des risques professionnels d’origine et de nature variées qui mettent en jeu l’intégrité physique et la santé mentale des individus. Ils ont également un impact sur le bon fonctionnement de l’entreprise, de sa performance, d’où la nécessité de bien savoir de quoi l’on parle pour créer des mesures adéquates et agir.

J’aime à dire que la santé de l’entreprise se révèle dans la santé des Hommes et des Femmes qui la constitue et qui la font fonctionner.

Pourquoi dit-on « Risques Psychosociaux » ? Car ils sont à l’interface :

  • De l’individu : LE PSYCHO
  • Et de la situation de travail, de l’encadrement, des collègues, des relations extérieures : tout ce qui englobe LE SOCIAL.

 Il y a différentes formes de RPS. On y trouve :

  • Le stress
  • Les violences internes : conflits, brimades, harcèlement moral…
  • Les violences externes
  • L’épuisement professionnel,
  • Les OUT : Burn-out, Bore-out, Brown-Out ou « Se cramer et se perdre au travail »
  • Le mal-être et la souffrance morale au travail.

Aussi, il convient à mon sens à ne pas « banaliser » le stress et à ne pas faire de lui l’unique coupable même si, je vous l’accorde, quand il est mal géré, il est la source de bien des maux au travail et dans nos vies personnelles.

Vous le savez, le stress survient quand il y a un déséquilibre entre la perception qu’une personne a de ses contraintes que lui impose son environnement et des ressources qu’elle a pour y faire face.

Le stress dans la plupart des cas n’est pas toxique, il le devient quand l’individu y est soumis de façon répétée et cela sur une durée supérieure ou égale à 6 mois (en fonction des individus bien sûr car certains/nes d’entre nous sont plus résistants-/es que d’autres) et qu’il n’a plus la possibilité et l’instinct de mettre en place la phase essentielle qui est celle de LA RECUPÉRATION.

A ce propos, je vous invite à voir ou revoir le Talk BeeMyDesk sur « Comment gérer son stress en période de confinement », qui pourrait être nommé un an après « Comment gérer son stress en période Covid ».

Il y a donc une vigilance particulière à avoir dans ce contexte sanitaire COVID pour éviter à l’individu de sombrer, de s’épuiser et de nourrir un état anxiogène et pathogène.

De nombreuses entreprises s’étaient penchées sur le bien-être au travail… Mais la Covid-19 nous a surpris. Comment entretenir cette attention alors que nous « travaillons autrement » ?

Elton Mayo, sociologue dans les années 1920 a démontré l’importance des facteurs humains sur la productivité des salariés et l’impact de leur état « psychologique » sur leur travail. Cela ne date donc pas d’hier. 

En 2011, un indice de mesure a d’ailleurs été mis en place pour mesurer le bien-être au travail : l’IBET (Indice du Bien-être au travail).

14 310 euros : c’est ce que coûte un salarié désengagé à une entreprise par an. (IBET 2020)

La Covid-19 nous met à l’arrêt et impose l’entreprise à aller vite pour pallier les retards de productions du confinement, c’est un paradoxe troublant.

Toutefois, cet arrêt n’est-il pas là pour nous inviter à nous autoriser à nous poser, à nous souvenir et à revenir à des choses essentielles ? Et cela pas uniquement dans la sphère professionnelle.

Concluons sur une note positive. Vous avez affirmé qu’il fallait « transformer les obstacles en opportunité ». Comment le traduiriez-vous ? 

Chacun a ses astuces pour lutter contre le stress, contre l’isolement, pour conjuguer télétravail et vie de famille, pour continuer à s’évader et à se ressourcer, etc.

Ne croyez-vous pas que ce ne sont pas tant les évènements que nous vivons qui font que cela est bien ou mal ? Je crois très sincèrement que c’est la façon dont on les regarde qui vont faire que cela va devenir, nourrir un obstacle plutôt qu’une OPPORTUNITÉ.

A l’heure où le SENS est une préoccupation majeure pour un grand nombre de personne, je suis convaincue que l’humain a en lui cette capacité de choisir de comment regarder l’intérieur et l’extérieur de lui mais parfois nous avons besoin d’être aidé, accompagné et ce chemin ne peut pas toujours, voire rarement se faire seul. Nous avons aussi besoin de parler, de communiquer, de partager pour créer ensemble, trouver des solutions.

Nous sommes à l’ère du "CO" Avec "Co-llaborer", "co-créer", "co-responsabiliser"…

Je vais ici vous faire une confidence…

En 2015, je niais totalement l’état d’épuisement dans lequel je me trouvais et je me suis effondrée à mon travail : AVC. Mon corps m’a dit STOP.

Après 7 mois d’arrêt, j’ai souhaité reprendre mon poste d’ajointe de direction et cela m’a été refusé.

5 mois après mon licenciement, à l’aube de mes 50 ans, c’est une chute qui aura bien failli me coûter ma colonne vertébrale qui m’immobilisera pendant plus de 4 mois.

J’aurai pu m’enfermer, sombrer mais ces difficultés m’ont amenée à choisir et aussi à renoncer et je me suis lancée dans l’entreprenariat en créant mon cabinet et organisme de formation !

Alors oui, je crois que la Covid-19 nous offre cette opportunité, ces opportunités de créer de nouveaux paradigmes et de changer en profondeur le PSYCHO et le SOCIAL et cela ne pourra se faire qu’en unissant et certainement pas en opposant.

Cette citation de Sören Kierkegaard qui dit que « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin » est, je trouve très appropriée.

Voici à mon sens quelques opportunités sur le difficile de ce chemin dont chacun peut s’inspirer :

  • Consolider sa confiance en soi, son estime
  • Lire de belles histoires
  • Voir le bon côté des choses en premier
  • Cultiver l’enthousiasme et la flexibilité pour faire aux changements
  • S’autoriser à l’erreur, avoir le droit de se tromper
  • Avoir une pratique spirituelle, méditative, philosophique, peu importe
  • Cultiver la gratitude, la reconnaissance
  • Être bienveillant pour soi, pour l’Autre
  • Oser exprimer son « enfant intérieur », celui qui est enthousiaste, curieux, joyeux
  • S’engager dans des actions bénévoles
  • Développer sa créativité (et on peut voir déjà combien certaines d’entre nous sont créatifs)
  • Entretenir son sens de l’humour
  • Être des managers agiles et bienveillants qui osent montrer et partager leur vulnérabilité (Je vous propose une lecture : « Oser la confiance » de Bertrand Martin, Bruno Jarrosson et Vincent Lenhardt) 
  • Inviter une chèvre à vos réunions (Vous pouvez consulter l’article ici)
  • Etc.

Nelson Mandela disait « Cela semble impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse ».

Alors osez ! Osons !

Retrouvez Isabelle Zelmat en Workshop BeeMyDesk - Les enjeux en matière de risques psychosociaux avec la Covid

Workshop BeeMyDesk - Isabelle Zelmat - Les enjeux en matière de risques psychosociaux avec la Covid

Les workshop BeeMyDesk c’est 2h en petit comité (5 participants maximum) en visio à échanger avec un expert sur une problématique que vous rencontrez dans votre quotidien.

Dans une atmosphère collaborative, conviviale et créative, vous en apprendrez davantage sur comment installer une démarche « collaborative » et de « co-construction » pour prévenir et désamorcer les risques psychosociaux.

Les points forts de ce workshop sont :

  • Le partage et les rencontres avec 4 autres professionnels d’horizons différents partageants une problématique connexe.
  • L’opportunité de participer à un atelier de co développement afin de développer votre créativité et vos idées.
  • La chance de bénéficier de conseils et de l’expertise d’un de nos experts qualifiés.
  • L’occasion de trouver de nouveaux partenaires afin de vous accompagner dans la performance de votre activité.

Retrouvez Isabelle Zelmat dans les workshops BeeMyDesk en vous inscrivant dès maintenant.